Comment apprécier une visite au musée ?

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Le digital est un très bon outil mais rien ne vaut un contact direct avec les œuvres.  Ce contact peut générer une réaction, une émotion que la distance ne permet pas forcément. Le musée est le lieu idéal pour cela. Bien souvent, il y a tellement à voir, qu’il peut être difficile de savoir comment s’y prendre pour profiter pleinement de la visite.

Au début de mes pérégrinations, je voulais tout voir dès que je découvrais un nouveau musée. Je passais tous les tableaux en revue, lisant les  cartels (planches explicatives) à l’entrée des salles et à côté des oeuvres, cherchant les infos qui me manquaient sur internet. Résultat sans appel : j’étais épuisée à l’issue de la visite et surtout je ne me rappelais pas vraiment tout ce que j’avais vu.

Il est là le problème, à vouloir tout voir, on ne voit rien finalement.  Avez-vous remarqué que les visiteurs du Louvre veulent tous voir la Joconde. Ils s’y précipitent, se retrouvent devant, la photographie et ou se prennent devant puis s’en vont. Ils sont passés à côté !

Aller à la rencontre des œuvres est un vrai voyage quand on se donne le temps  de ralentir, de regarder, d’observer et d’exercer son esprit critique.

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Donc le premier conseil que je peux donner, c’est d’aller là où votre intuition vous conduit et de prendre le temps de vraiment de regarder l’œuvre en face de vous. Certains musées proposent des banquettes pour se donner ce temps-là.  Il s’agit de la tendance du slow looking qui consiste à développer une véritable attention dans le but de s’immerger dans ce que l’on voit. Cette immersion et ce ralentissement permettent de donner du sens à ce que l’on voit. Cette démarche est difficilement réalisable dans la société ou l’ultra rapidité est glorifiée dans tous les domaines. Donc, rien n’empêche de prendre le contrepied de cela et de prendre le temps du détail.

Le magazine Flow donne d’ailleurs de très bons conseils pratiques à ce sujet : https://www.flowmagazine.fr/slow-looking-art-en-pratique/. Et surtout, n’oubliez pas la spontanéité dans votre approche ! Le musée est un lieu qui permet aussi d’atténuer les tensions. Si vous êtes triste ou énervé, après une visite vous risquez fort de vous sentir mieux et apaisé.

Il faut aussi savoir profiter des points de restauration du musée, de faire des pauses pour digérer les émotions suite à la rencontre avec les œuvres.

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Autre point important, savoir poser des questions aux guides qui peuvent être présents en salle. La Fondation Louis Vuitton propose ce service gratuitement. Ce sont des puits de culture, très accessibles et qui ont plein d’anecdotes. Les anecdotes c’est ce qu’il y a de mieux je crois. 

Si vous prenez des photos, faites le, mais donnez du sens aux photos. Par exemple focalisez-vous sur un thème. Cela peut être de se concentrer sur les animaux présents dans les tableaux que vous voyez, ou bien les drapés des vêtements, ou les regards des portraits.

Ce qui est aussi amusant, c’est de regarder les autres visiteurs dans leur approche. On voit vite les épuisés, les « l’art, j’aime pas », les « mais où sont les toilettes », les perdus devant l’œuvre. Cela rassure et peut aussi donner lieu à des scènes cocasses mais très humaines. Ne croyez pas que tout le monde est un grand expert en la matière : connaitre les artistes, les techniques, leur histoire prend du temps et n’est pas non plus obligatoire pour apprécier votre visite.  Et pourquoi ne pas initier la conversation avec l’un d’eux ? Vous sortirez du musée avec un nouvel ami ou un correspondant étranger ! Je vous conseille aussi de lire le livre d’or à la sortie. Il y a aussi des anecdotes savoureuses.

Enfin, je vous conseille de vous interroger sur votre démarche. Faire une expo pour faire une expo n’a pas de sens. Il n’y a rien qui me contrarie plus que les gens qui pensent qu’il n’y a pas assez d’œuvres à voir ou pas assez de tel ou tel artiste, ou qui regardent les œuvres à la chaine.  Juste une œuvre peut provoquer un déclic en vous, écoutez-vous ! Trouvez votre œuvre favorite. Pour moi c’est celle-ci :

Quentin Matsys – A grotesque old woman 1513

Elle est à la National Gallery à Londres. Elle exprime toute l’ambivalence de la nature humaine, vouloir garder sa beauté avec le temps qui passe, le statut social, le temps qui passe, les rêves, l’espoir, la maladie. En fait cette dame soufrait de la maladie Paget.

Je vous souhaite des découvertes variées afin de trouver l’émotion, le lien  et non la consommation.

Quelques idées pour vos prochaines visites :

https://www.beauxarts.com/lifestyle/6-visites-insolites-de-musees/

https://www.parisinfo.com/decouvrir-paris/guides-thematiques/paris-gratuit/musees-et-monuments-gratuits-a-paris/les-musees-et-monuments-gratuits-a-paris

ainsi qu’un très bon ouvrage : Comment visiter un musée et aimer çà de Johan Idema – Eyrolles chez tous les bons libraires ainsi que dans les boutiques de musées.

Publié par In the mood for walks

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